La Campagne œcuménique qui débute le 26 février est consacrée cette année au thème des semences. Dans la Bible, les semences sont présentées comme un cadeau de Dieu. Elles sont sacrées dans de nombreuses cultures indigènes. Cela n’est aucunement le fait du hasard : les semences constituent le premier maillon de notre chaîne alimentaire! La campagne se poursuit jusqu’à Pâques avec de multiples activités.

La campagne met en lumière ces petites graines qui donnent la vie et nous présente des personnes qui s’engagent pour préserver cette source d’abondance. En effet, l’agro-industrie met en péril l’agriculture paysanne, garante de notre sécurité alimentaire. Une bonne raison pour Pain pour le prochain et Action de Carême, en collaboration avec Être Partenaires, de défendre un modèle agricole qui préserve notre avenir.

Alors même que les semences et les savoirs traditionnels ont toujours été garants d’une alimentation et d’une agriculture écologiques et diversifiées, le travail de sélection accompli par les familles paysannes se voit aujourd’hui menacé. En effet, les grands semenciers et les accords de libre-échange exigent l’adoption d’une législation draconienne relative aux semences et aux obtentions végétales afin d’assurer l’essor de variétés à haut rendement, ce qui empêcherait les paysans et paysannes d’échanger et de vendre leurs semences.

Lors de la négociation d’accords de libre-échange avec les pays du Sud, la Suisse impose systématiquement l’adoption de normes radicales de protection des obtentions végétales. Ce fut notamment le cas en 2018, lors de la conclusion d’un accord avec l’Indonésie ou dans le cadre des négociations avec la Malaisie. Ces pays doivent s’appuyer sur la Convention internationale pour la protection des obtentions végétales (UPOV 91), qui interdit aux paysans et paysannes de vendre et d’échanger des variétés protégées et restreint leur droit à réutiliser des semences de certaines variétés issues de leurs propres récoltes, cela au profit de l’agro-industrie. Les œuvres qui organisent la Campagne œcuménique de Carême jugent inacceptable qu’un traité porte atteinte au droit à l’alimentation et contrevienne à la Déclaration sur les droits des paysans adoptée par les Nations Unies et par ailleurs soutenue par la Suisse.

Des familles paysannes de toutes les régions du monde, des partenaires dans les pays du Sud et des organisations suisses enverront donc une lettre au Secrétariat d’État à l’économie (Seco) pour revendiquer l’adoption d’une politique agricole qui respecte les droits des paysans et des paysannes. Car les semences appartiennent aux familles paysannes, c’est un droit fondamental des familles paysannes. Il ne saurait y avoir de monopole sur les semences. Or aujourd’hui, trois multinationales contrôlent 60% du marché, la diversité diminue drastiquement, les trois-quarts des sortes ont disparu au cours des 100 dernières années.

La Campagne œcuménique en est cette année à sa 51e édition. Elle a reçu le label Oecumenica de la CTEC.CH qui distingue des projets œcuméniques exemplaires.

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