Le 24 septembre 2019, Jacqueline Fehr, conseillère d’État zurichoise, a donné une conférence intitulée « Was die Gesellschaft an den Kirchen hat » à l’invitation de la Communauté de travail des Églises chrétiennes du canton de Zurich. Elle a souligné l’importance des communautés religieuses pour l’État et pour la société. Elle a également présenté les sept principes directeurs que s’est donné le canton de Zurich pour aménager ses relations avec les Églises qui ne bénéficient pas d’une reconnaissance de droit public.

Amour du prochain et solidarité
L’amour du prochain et la solidarité sont des valeurs importantes pour la société, les « convictions religieuses constituant une base importante pour la coexistence sociale », a déclaré la conseillère d’État, citant le premier principe directeur qui reconnaît l’importance pour l’État des communautés religieuses. Elles jouent en effet un rôle particulier, parce que les convictions religieuses façonnent les attitudes, les opinions et les valeurs. Bien que l’État s’en inspire, il ne peut pas les transmettre lui-même. Comme valeurs spécifiquement chrétiennes, Jacqueline Fehr a mentionné l’amour du prochain, qui constitue un frein à l’égoïsme, la solidarité avec les pauvres et l’honnêteté. Les chrétiennes et les chrétiens ont aussi un point de vue particulier sur les questions environnementales, puisqu’ils considèrent la Terre comme création de Dieu. Jacqueline Fehr a encouragé les représentants des Églises à élever publiquement la voix, que ce soit dans leur prédication, un blog ou autre.

« Pour traiter avec les communautés religieuses non reconnues par l’État, il faut des bases d’action claires » : c’est ce qu’affirme le 7e principe directeur que s’est donné le canton de Zurich (Directives sur les relations entre l’État et les religions » adoptées par le Conseil d’État du canton de Zurich en novembre 2017). Selon Madame Fehr, le Conseil d’État zurichois s’efforce de s’engager davantage auprès de ces Églises et communautés religieuses. Des cours ont été mis sur pied pour les imams et aumôniers musulmans. Les Églises orthodoxes, de leur côté, ont fondé une organisation faîtière avec un conseil consultatif au sein duquel siègent des représentants des Églises reconnues de droit public. Il faut par ailleurs éviter que « des communautés religieuses n’émergent qui ne respectent pas notre ordre juridique ou qui mettent sur pied des structures parallèles », peut-on lire dans les explications au 7e principe directeur. Madame Fehr a également abordé la question des limites aux relations avec les communautés religieuses, en se référant au deuxième principe directeur selon lequel ces dernières se doivent de préserver la paix publique.

© APD

Communiqué de presse (en allemand)
Photos et texte de l’exposé (en allemand)
Directives sur les relations entre l’État et les religions du canton de Zurich (en allemand)