À l’occasion de l’ouverture de la nouvelle législature de l’Assemblée fédérale, une célébration œcuménique était organisée en ce lundi 2 décembre pour les parlementaires fédéraux, leurs proches et leurs ami*e*s. Le pasteur Daniel de Roche, président de la Communauté des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH), leur a déclaré dans ses mots de bienvenue que ce temps de recueillement pourrait être une inspiration et les fortifier durant la législature, car « rien n’est caché devant Dieu, ni nos joies, ni nos soucis ». La célébration était organisée par la CTEC.CH et a attiré une centaine de personnes à la collégiale de Berne.

Deux élus, Lisa Mazzone (Les Verts, GE) et Alex Kuprecht (UDC, SZ), ont adressé quelques mots à leurs collègues parlementaires. La nouvelle élue « verte » aux Conseil des États a raconté de manière très visuelle comment, enfant, elle avait été influencée par les histoires bibliques et des valeurs telles que l’amour et le respect, par exemple dans l’histoire du bon Samaritain qui se détourne de son chemin pour porter secours à un blessé, ou celle de Zachée, monté sur un sycomore pour apercevoir Jésus qui, contrairement à ses contemporains, n’a pas de mépris pour ce riche collecteur d’impôts. En tant que parlementaire, il faut aussi accepter les différences ; pour sa part, Lisa Mazzone aime travailler avec les autres dans le respect.

Alex Kuprecht entame pour sa part sa 5e législature au Parlement fédéral. En tant que conseiller aux États, on est le « bras étendu » de la population de son canton d’origine. Il est parfois tiraillé, rappelle-t-il, entre son opinion personnelle et celle de son parti. M. Kuprecht encourage donc les élues, les élus à s’opposer si nécessaire à leur parti. Il est important de continuer à travailler avec gratitude sur ce que les générations précédentes ont créé, un mandat politique n’est attribué que pour une certaine période de temps, il ne faut donc pas se prendre trop au sérieux.

Préparé pour tout « mais pas pour les bougies et les prières »
La professeure de théologie Barbara Hallensleben, de l’Université de Fribourg, a prêché sur le verset 13, chapitre 3 de la 2e épître de Pierre « Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite ». Selon la théologienne, la foi ennoblit l’activité politique. Elle cite le philosophe de la religion, le juif Franz Rosenzweig qui affirme que la prière crée l’ordre du monde, parce que la prière nous libère des limites du moment et nous ouvre un horizon complètement nouveau (texte de la prédication, bilingue).

C’est ce qui s’est passé en 1989, lors du 1er rassemblement œcuménique européen à Bâle, sous le thème « Paix et justice ». La marche à travers le triangle frontalier de l’Allemagne, de la France et de la Suisse a impressionné de nombreux participants, en particulier ceux de l’ancienne RDA qui étaient également engagés dans les manifestations de Leipzig. Puis, à l’automne 1989, les chrétiens ont été impliqués de manière décisive dans la chute du Mur. Des années plus tard, Horst Sindermann, du Comité central du SED, avait annoncé qu’ils étaient prêts à tout, « sauf aux bougies et aux prières ».

Il y a certes un fossé entre la promesse d’une terre nouvelle et les revers que l’on vit ici-bas, fossé qui ne peut être comblé par la prière. Dieu s’est fait homme en Jésus et est entré dans cette brèche. Dans le dernier livre biblique, l’Apocalypse, l’apôtre Jean a vu l’accomplissement de la promesse de la terre nouvelle, où la paix et la justice s’embrassent.

Le cadre musical de cette célébration a été assuré par Daniel Glaus, organiste de la collégiale de Berne et par le magnifique ensemble a cappella de l’Église orthodoxe-serbe.

© APD et CTEC.CH
Photos: Christoph Knoch (sauf photo à droite ci-dessus)

Reportage de cath.ch