L’Assemblée des délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), réunie les 4 et 5 novembre dernier à Berne, soutient l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Elle reste ainsi fidèle au principe protestant qui veut que le mariage civil constitue le prérequis à la célébration religieuse.

Tout avait commencé en 2013, avec le dépôt, par la conseillère nationale bernoise Kathrin Bertschy (Verts Libéraux) d’une initiative parlementaire demandant que tous les couples désirant vivre en une communauté de vie juridiquement réglementée puissent accéder au mariage ou, selon leur choix, au partenariat enregistré, aujourd’hui réservé aux couples de même sexe. Le Conseil national se penchera à nouveau sur la question du « mariage pour tous » probablement durant la session de printemps 2020. Jusqu’à ce que la question ait franchi toutes les étapes du travail parlementaire et un probable référendum suivi d’une votation populaire, il faudra compter encore quelques années.

En dernier ressort, les Églises cantonales membres de la FEPS auront le dernier mot pour ce qui est du mariage religieux. Les délégués ont insisté sur le fait que les pasteures et les pasteurs puissent refuser de célébrer un mariage religieux si leur conscience le leur interdit, comme c’est d’ailleurs le cas pour tout acte ecclésiastique.

La question du « mariage pour tous » divise non seulement les Églises mais aussi à l’intérieur d’une même Église. À l’Assemblée des délégués de novembre, deux camps se sont exprimés lors des débats. En bref, il y a celles et ceux qui estiment que l’amour et la promesse de soutien, de respect et de fidélité que se font deux êtres priment, à l’image de l’amour radical de Dieu pour son peuple et, de l’autre côté, celles et ceux qui, se basant sur l’Écriture (théologie de la Création et de l’alliance) voient dans l’union d’un homme et d’une femme une originalité qui justifie que le mariage soit réservé aux couples hétérosexuels.

Pour l’Assemblée des délégués de la FEPS, il est essentiel de souligner qu’il existe toujours, après cette décision, une diversité de conceptions du mariage au sein de l’Église protestante. La Conférence des évêques suisses rappelle, pour sa part, qu’elle n’est compétente que pour le mariage sacramentel qui unit un homme et une femme. Actuellement, la thématique de l’homosexualité polarise la plupart des Églises mondiales.

Principales convergences et divergences juridiques entre mariage et partenariat enregistré (Office fédéral de la justice)
Le mariage pour tous. Couple, sexualité, parentalité et bien de l’enfant d’un point de vue évangélique réformé, Frank Mathwig et Luca Baschera (document soumis à l’Assemblée des délégués)