À l’occasion de son 60e anniversaire, la Conférence des Églises européennes (KEK) a organisé une conférence pour la paix qui s’est tenue à Paris du 10 au 12 septembre dernier. Les participants se sont penchés sur les héritages et les difficultés de la Conférence de paix de Paris en 1919, après la 1re Guerre mondiale, tout en recherchant des moyens nouveaux et créatifs de consolider la paix aujourd’hui.

Le thème de la paix a été abordé sous différents angles lors de séminaires et de tables rondes. Les intervenants de différentes confessions chrétiennes, ainsi que des traditions juive et musulmane, ont mutuellement nourri leur réflexion. Les thèmes abordés allaient du legs de l’Occident au Proche-Orient au populisme, en passant par le développement durable et l’économie, qui sont des éléments clefs pour l’engagement interreligieux et pour le renforcement de la pratique de consolidation de la paix des communautés confessionnelles. Deux tables rondes se sont penchées sur les religions abrahamiques et le dialogue de paix, ainsi que sur la vocation de l’Europe à favoriser la paix, et le rôle de la sécurité et de la paix.

« La valeur de l’hospitalité se trouve au cœur de toutes les traditions religieuses », a rappelé le rabbin David Rosen du Comité juif américain, directeur international des affaires interreligieuses. « La collaboration interreligieuse joue ainsi un rôle inestimable pour permettre aux populations et aux communautés de religions variées de comprendre leur identité religieuse propre et leur sentiment d’appartenance comme les vecteurs d’une contribution constructive et de l’amélioration du bien-être de la société », a-t-il poursuivi.

Dans un séminaire intitulé « Populisme, développement durable et économie », le pasteur Tony Addy, de la Fédération luthérienne mondiale, a développé le concept de « vivre-ensemble convivial ». « Il est essentiel de ne pas négliger les aspects socio-économiques de la paix et de la prévention des conflits et de porter une attention particulière à la vie quotidienne des personnes et des communautés qui pourraient se voir entraînées dans des conflits par le nationalisme ou le populisme », a ajouté le pasteur Addy.

La pasteure Antje Heider-Rottwilm, d’Église et Paix, a déclaré : « Toute personne qui se donne la peine de réfléchir au-delà de la propagande populiste sait qu’il existe des liens entre des relations économiques injustes, l’exploitation à l’échelle planétaire, la corruption, la dictature, la production et l’exportation d’armes, l’intensification des changements climatiques, le fondamentalisme et, enfin, la migration. » « Dans un tel contexte, l’Union européenne détient un rôle ambivalent. Elle qui était depuis longtemps acteur de paix se focalise désormais de plus en plus sur la sécurité », a-t-elle ajouté.

La Conférence pour la paix a rassemblé plus de soixante participants venus de toute l’Europe, représentant les Églises membres de la KEK et des organisations partenaires.

Source : service de presse KEK