Le Synode d’automne de l’Église évangélique-réformée de Suisse a accueilli aujourd’hui la visite du Conseiller fédéral Ignazio Cassis et du Secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin. Tant l’EERS que ses invités ont souligné dans leur message l’importance du dialogue. Le président de la CTEC Suisse, Milan Kostrešević a, lui aussi, adressé un message aux personnes présentes et en a profité pour remercier le Conseil fédéral d’avoir pris en considération la situation particulière des Églises durant la pandémie de coronavirus.

La Suisse et le Saint-Siège ont renoué des relations diplomatiques en 1920, mettant fin à la période de crise qu’a provoquée le « Kulturkampf ». Pour marquer le centenaire de cette reprise, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État du Saint-Siège, est en visite en Suisse et rencontre le Conseil fédéral et les directions d’Églises. Honorant l’œcuménisme et la diplomatie, le cardinal et le Conseiller fédéral Ignazio Cassis ont rendu une visite en ce 8 novembre au Synode de l’Église évangélique réformée de Suisse, réuni à Berne.

S’adressant au Synode, organe suprême des réformées et réformés de Suisse, le cardinal Pietro Parolin a exprimé son souhait de voir rétablie l’unité des chrétiens : « cheminer, prier et travailler ensemble, selon les trois mots clés du mouvement œcuménique. Il a rappelé aux membres du Synode l’importance de toujours orienter leur perspective vers la paix. Cette rencontre montre que la diplomatie et l’œcuménisme tendent à un objectif commun : que les êtres humains puissent vivre ensemble, dans la paix.

Le Conseiller fédéral Ignazio Cassis a placé le dialogue – qui anime également les relations œcuméniques – au centre de son discours aux membres du Synode et aux invités présents : « Cette disposition à s’écouter mutuellement, en acceptant aussi d’autres points de vue, cette ouverture à la diversité concrète est le fondement de toute relation. Et c’est une des caractéristiques principales de la Suisse. »

© Christoph Knoch

Milan Kostrešević, président de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse, CTEC.CH, a remercié le Conseil fédéral d’avoir pris en considération la situation particulière des Églises pendant la pandémie de coronavirus. « En Suisse, nous avons de tout temps pratiqué dans nos cantons une collaboration fructueuse entre acteurs ecclésiaux et monde politique » a rappelé M. Kostrešević, qui a exprimé avec force son souhait de voir les relations œcuméniques s’intensifier.

L’EERS a profité de la rencontre pour rappeler au « ministre des Affaires étrangères » Ignazio Cassis la culture parlementaire qui marque la vie des Églises reconnues de droit public. La présidente de l’EERS, Rita Famos a souligné ce qui lie les confessions chrétiennes, au-delà du fondement de la foi : « L’engagement en faveur de la paix et du respect des droits humains. » Elle a demandé au Conseiller fédéral Ignazio Cassis de faire « preuve de créativité pour trouver de nouvelles manières de cultiver les relations entre État, Églises et communautés religieuses, en instaurant par exemple un échange formalisé entre le Conseil fédéral et ces dernières. » Les Églises et leurs œuvres d’entraide disposent également de vastes réseaux internationaux et peuvent soutenir le Conseil fédéral dans sa mission pour la paix.

La rencontre interconfessionnelle a eu lieu en présence de nombreuses personnalités des Églises chrétiennes de Suisse : le Synode a eu le plaisir d’accueillir à l’Hôtel du gouvernement de Berne Harald Rein, évêque de l’Église catholique-chrétienne de la Suisse, Renata Asal-Steger, présidente de la Conférence centrale catholique romaine de Suisse, Daniel Kosch, secrétaire général de cette même conférence, Mgr Felix Gmür, président de la Conférence des évêques suisses (CES), l’abbé Urban Federer OSB, responsable du dialogue œcuménique pour la CES, et Erwin Tanner, secrétaire général de la CES.

Légende de la photo de droite
De g. à dr. : Milan Kostrešević, Mgr Felix Gmür, Cardinal Pietro Parolin, CF Ignazio Cassis, Pasteure Rita Famos, Evelyn Borer (présidente du Synode EERS) et Évêque Harald Rein