Le premier forum chrétien romand vient de s’achever à Leysin le 13 octobre. « Ce Forum nous a rappelé que ce qui nous unit est bien plus fort que ce qui nous sépare : Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, envoyé par le Père et donateur de l’Esprit Saint pour nous réunir en Lui », témoignent à l’unisson les participantes et les participants. « Le Christ est la perle de grand prix. Il nous enseigne à mettre Dieu en premier, à l’aimer par-dessus tout et à vivre son commandement nouveau de l’amour réciproque. »

 

Devenues amies …

Dès sa création, une question avait animé les fondateurs du Forum chrétien mondial (FCM) – dont le Conseil œcuménique des Églises, modèle sur lequel s’est déroulé ce forum de Leysin : qui manque à la table ? Quelles Églises restent absentes des plateformes œcuméniques, à quelque niveau que ce soit ? En fondant le Forum, ils voulaient réunir, autour de la table, en proportions égales (50 :50), les Églises dites historiques, membres du COE ou en relation étroite avec lui et d’autres, évangéliques, pentecôtistes ou charismatiques, absentes. Il ne s’agit pas d’aborder les questions théologiques qui divisent mais – premier pas sans lequel aucun n’autre n’est possible – de se découvrir mutuellement comme femmes et hommes mettant leur vie en Christ.

Cette ambition animait aussi l’équipe d’organisateurs du Forum chrétien romand – dont la CTEC Suisse –qui vient de s’achever à Leysin. La plupart avaient découvert l’originalité et la pertinence de la démarche mise au point par le FCM lors du Forum de Lyon et tenaient absolument à la faire découvrir en Suisse (romande). Si l’objectif des 50 :50 n’a pas été atteint pour cette édition de Leysin, certaines Églises ont pour la toute première fois délégué un représentant. Cela constitue une énorme avancée qui, espérons-le, conduira à l’émergence de relations plus suivies. À l’heure du bilan, l’enthousiasme, malgré certaines craintes (agenda caché ?) des quelque 60 personnes qui ont suivi toute la démarche du forum a prouvé, une fois encore, que l’intuition des fondateurs du FCM était juste et que le chemin vers l’unité passait par-là : apprendre à se connaître, comme homme, comme femme. Comme l’a dit un participant, « après trois jours, je connais mieux les participants que certaines personnes avec qui je travaille depuis des années ».

Ainsi, c’est en donnant un témoignage personnel de son chemin de foi en petits groupes, en privilégiant ce qui rassemble que les participantes et participants – catholiques, réformés, évangéliques, pentecôtistes, orthodoxes, catholiques-chrétiens, anglicans, adventistes, salutistes, baptistes, et membres de communautés et mouvements – se sont retrouvés. Ensemble, ils ont adressé sept interpellations à leurs Églises respectives. Dans un texte commun, elles et ils lancent un appel aux Églises communautés et mouvements de Suisse romande à « oser dépasser les limites qui nous séparent pour témoigner, en communion d’amour, du Christ qui nous rend libres et veut que tous parviennent à la connaissance de sa vérité. »

« Nous sommes montés sur la montagne, non pour régler nos différences de théologie, mais pour mieux nous connaître et nous laisser toucher par l’Esprit saint. Tant de choses semblent nous séparer ; nous avons souvent des images des autres qui ne sont pas vraies. Nous oublions nos racines communes et que nous habitons une seule et même maison : Vous faites partie de la famille de Dieu (1 Pierre 2,5-10), ont encore indiqué les participants à cette première expérience en Suisse romande.

Les différentes sensibilités ecclésiales et théologiques se sont également exprimées dans les temps de prière et la diversité des traditions musicales, au cours des temps de partage, et les ateliers, les méditations bibliques et lors de la célébration publique à Aigle

La découverte des autres communautés chrétiennes s’est faite aussi par la visite de lieux d’Église dans le Chablais et sur la Riviera vaudoise : richesse et fécondité de l’engagement dans la vie communautaire, la prière et la formation et les actions communes à plusieurs Églises, sources d’inspiration pour chacune et chacun.

Un constat, en sept points
Les participants feront part de sept découvertes à leurs Églises respectives. Dans le partage de leurs chemins de vie et de foi, ils ont exprimé leurs souffrances, celle d’un « corps blessé » par la désaffection de beaucoup et le « séisme spirituel » provoqué par la découverte d’abus de toutes sortes, dans les Églises : « Une spiritualité authentique donne sens à la douleur en unissant nos vulnérabilités à celles du Christ qui les a toutes assumées ».

De plus, avec les jeunes des Églises, les participants veulent encourager les communautés à s’entraider pour être des « témoins crédibles du Christ ressuscité ».

Forts de leurs partages des itinéraires de foi, ils souhaitent que les familles, communautés et paroisses expérimentent « cette démarche fructueuse ».

Les participants affirment par ailleurs la dignité de chaque être humain créé à l’image de Dieu et déclarent vouloir se soucier des personnes en marge de la société « en qui le Christ les attend ».

La relation avec la Création est en outre un fruit de la vocation chrétienne. Des projets concrets sont déjà portés par plusieurs associations et méritent d’être (re)connus.

Enfin, les participants exhortent à ne pas remettre à demain « l’appel à vivre ensemble la mission » confiée par le Christ et à être « pèlerins les uns, les unes avec les autres ».

Flyer du forum
Vidéo de salutation du Rév. Caseley Essamuah, secrétaire FCM
Communiqué de presse
Échos du forum, à l’intention des Églises et communautés – English Version
Interview de Huibert van Beek (FCM) et Catherine Wüthrich (RES) (Radio R)
Interview de Huibert van Beek (ProtestInfo)
Article dans Riviera Chablais
Communiqué du Réseau évangélique suisse

Site Forum chrétien mondial

Méthodologie du forum

  • En petits groupes, en trois temps, chacune et chacun racontent – en sept minutes – leur « cheminement avec Jésus-Christ ». Dans un groupe de dix, cela fait sept minutes pour parler et 63 pour écouter en silence.
  • Dans un 2e temps, toujours le même groupe de personnes partagera l’écho suscité par les témoignages reçus.
  • Enfin, dans un 3e temps, les membres du groupe se demanderont comment témoigner ensemble, comment « aller et porter du fruit » (fil rouge du forum).

Méthodologie des témoignages de foi