Nous trouvons l’espérance dans les communautés chrétiennes qui pratiquent une hospitalité radicale

Chaque année, des chrétiens se rassemblent dans le monde entier pour prier pour la guérison des divisions et le renforcement de l’unité. La Semaine de prière pour l’unité des chrétiens est traditionnellement célébrée du 18 au 25 janvier, entre les fêtes de saint Pierre et de saint Paul.

En 2019, le thème –Tu rechercheras la justice, rien que la justice (Deutéronome 16,18-20) – et la réflexion ont été préparés par les Églises d’Indonésie, un pays remarquable de diversité linguistique, culturelle, ethnique et religieuse. Au sein de cette mosaïque, les Indonésiens vivent ensemble selon le principe de gotong royong, solidarité et collaboration.

Dans cet esprit, la Conférence des Églises européennes (KEK) et le Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE) se joignent, dans la solidarité, à nos frères et sœurs d’Indonésie et du monde entier pour cultiver l’harmonie, promouvoir la justice et protéger les faibles.

En Europe, les inégalités sociales et économiques persistent et se creusent ; les réfugiés se pressent à nos frontières et sont malvenus ; des communautés entières sont exclues et marginalisées. Face à ces réalités quotidiennes, et en tant que chrétiens, nous sommes appelés à être des témoins vivants du Corps du Christ. Nous trouvons l’espérance dans les communautés chrétiennes qui pratiquent une hospitalité radicale, témoignant de la grâce et de la miséricorde que nous avons reçues. À travers ce service, nous travaillons également à l’unité visible, encore incomplète, de l’Église du Christ.

Ensemble, la KEK et le CCEE œuvreront sans relâche et par la prière pour la venue du Royaume, ici et maintenant. Nous nous soutenons mutuellement et soutenons tous les efforts réalisés pour surmonter les inégalités, offrir l’hospitalité aux plus démunis et leur manifester de l’amitié, et témoigner d’une espérance enracinée dans la grâce inégalée du Christ Jésus.

Fr Heikki Huttunen, secrétaire général de la KEK
Fr Martin Michalíček , secrétaire général du CCEE


Les engagements de la Fédération luthérienne mondiale pour un cheminement œcuménique

L’année 2019 nous offre une raison particulière de célébrer les progrès de l’œcuménisme : 2019 marque en effet le 20e anniversaire de la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification. En prévision des célébrations à venir de ce jubilé, la Fédération luthérienne mondiale (FLM) lance une nouvelle publication qui réaffirme ses engagements œcuméniques à la lumière des développements de ces deux décennies.

La publication intitulée Les engagements de la Fédération luthérienne mondiale pour un cheminement œcuménique vers la communion ecclésiale, a été présentée lors d’une célébration dans la chapelle du Conseil œcuménique des Églises à Genève, le 16 janvier dernier. Elle résume les progrès récents et énumère six façons dont la communion luthérienne s’engage dans la recherche de l'unité pleine et visible de tous les chrétiens.

La théologienne Kaisamari Hintikka, secrétaire générale adjointe sortante de la FLM pour les relations œcuméniques et directrice du département de théologie et des relations publiques de la FLM :

"With the Catholics we’ve been in ongoing, continuous, theological discussions for more than 50 years, so it’s about time to look at what it means in the life of our local communities."

Vers la publication

 

Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification

En 1999, après des années de dialogue, la Fédération luthérienne mondiale et l'Église catholique romaine signèrent une Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification, mettant ainsi fin à un conflit théologique vieux de 500 ans. Les différences de vue sur la nature du Salut constituèrent en effet une des raisons de la rupture entre Églises au moment de la Réforme.

Ce document a depuis été signé par trois autres communions mondiales d’Églises : les Anglicans, les Méthodistes et, en 2017, année de commémoration des 500 ans de la Réforme, les Réformés.


Daniel de Roche en interview

Depuis le 1er janvier 2019, le pasteur Daniel de Roche préside aux destinées de la CTEC Suisse. Il a été interviewé par le quotidien La Liberté dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Interview, Liberté du 19.1.2019  


« C'est plus comme avant » – Journée œcuménique de formation

Le Centre Catholique Romand de Formations en Église et l'Office protestant de la formation organisent le 15 mars 2019 à Lausanne une journée de formation destinée aux pasteur*e*s, diacres et agent*e*s pastoraux intitulée « C'est plus comme avant – Les recompositions du paysage ecclésial ». Migrations, évolutions démographiques, émergences de nouvelles communautés chrétiennes, le paysage confessionnel en Suisse a beaucoup évolué ces dernières années. Ceci impacte aussi les relations oecuméniques qui se limitaient traditionnellement à l’axe catholique romain – réformé. Prendre conscience de ces changements et savoir les prendre en compte dans une perspective oecuménique de la mission de l’Église seront au coeur de cette journée. Flyer


Inde et Chine: augmentation alarmante des persécutions envers les chrétiens

Le 16 janvier 2019, l’œuvre d’entraide chrétienne Portes Ouvertes a publié son Index de persécution 2019 qui mesure l'évolution, l'étendue et l'intensité de la persécution des chrétiens dans le monde. De la Chine à l’Afrique sub-saharienne, les actes de violence envers les chrétiens et les destructions d’églises sont en nette augmentation, selon l’ONG. L’œuvre supra-confessionnelle a suivi la situation des chrétiennes et des chrétiens dans 150 pays entre le 1er novembre 2017 et le 31 octobre 2018. L’index mondial établit la liste des 50 pays dans lesquels les chrétiens souffrent le plus de discriminations et de persécutions du fait de leur foi. Chine et Corée du Nord Selon Portes Ouvertes, la Chine (qui passe de la place 43 en 2018 à la place 27 de l’Index) est l’exemple type d’une répression croissante de la liberté de croyance par un régime toujours plus autoritaire. De nouvelles prescriptions sont entrées en vigueur le 1er février 2018 relatives aux affaires religieuses. De nombreuses églises et institutions chrétiennes ont dû fermer leurs portes ou ont été détruites. Les services religieux font l’objet d’une vidéo-surveillance et les ministres sont arrêtés et envoyés en camp de redressement. En de certains endroits, des panneaux interdisent l’entrée dans l’église aux moins de 18 ans. La Chine applique différentes stratégies pour promouvoir un « christianisme chinois ». La Corée du Nord reste un cas exceptionnel de culte de la personnalité et de contrôle de ses ressortissants. Elle occupe depuis 2002 la première place de l’Index de persécution des chrétiens. Nationalisme religieux Le nationalisme religieux accroît la pression sur les personnes qui pratiquent une autre religion que la religion majoritaire, mais quand elles respectent les lois en vigueur dans le pays. Les gouvernements de Turquie, du Myanmar, du Laos mais aussi d’Inde exercent une pression de plus en plus forte sur leurs minorités religieuses, dont les chrétiens. Extrémisme religieux Après la perte de territoires au Proche-Orient, les combattants de l’EI et autres militants islamistes ont infiltré d’autres pays dans la région comme la Lybie et l’Égypte ainsi que des régions d’Asie et d’Afrique sub-saharienne. Au nord du Nigeria, où l’islam est majoritaire, les chrétiens sont privés depuis plusieurs années déjà de leurs droits constitutionnels, de protection et d’approvisionnement, du fait de leur foi. Le seul Nigeria comptabilise 90% des meurtres de chrétiens dans le monde (3 731 chrétiens tués au Nigeria durant l’année sous revue). Le pays figure également en tête pour ce qui est des destructions d’églises (569). Index mondial de persécution Environ cinq milliards de personnes vivent dans les 50 pays de l'Index mondial de persécution, dont environ 700 millions professent la foi chrétienne. Selon l’enquête de Portes Ouvertes, au moins 245 millions de chrétiens sont victimes de persécutions de degré « élevé » à « extrême ». Depuis 1955, l’ONG participe à de vastes projets d'aide aux chrétiens persécutés, actuellement dans une soixantaine de pays. Légende image : Index mondial, © Portes Ouvertes Sources : Service de presse APD Portes Ouvertes  


Trois voix pour l'unité

Trois acteurs bien connus de Suisse romande publient un ouvrage qui présente de manière polyphonique et symphonique les fondements de la vie chrétienne (Bible, traditions, conciles), le cœur de la vie des Églises (communion, Eucharistie, réconciliation, autorité …), les sujets de dissension (ministères, épiscopat, papauté, Marie, culte des saints, place des femmes …).

« Ce livre est le fruit d’une amitié. Apprécier notre unité, mais aussi éprouver nos différences, voire nos divergences dans un climat de partage patient : c’est une riche expérience de fraternité dans l’Esprit. »

Les auteurs

  • Claude Ducarroz est prêtre catholique romain, prévôt émérite de la cathédrale de Fribourg, engagé dans la recherche et la pratique œcuméniques, membre du Groupe des Dombes
  • Shafique Keshavjee est pasteur réformé. Il a exercé un ministère dans les domaines oecuméniques et interreligieux ; ancien professeur de théologie, écrivain
  • Noël Ruffieux est un laïc orthodoxe. Il donne un cours sur la diaspora orthodoxe à la Faculté de théologie de Fribourg, collabore à des revues et réalise des émissions de radio.

Flyer de la maison d’édition


La Déclaration universelle des droits de l’homme a 70 ans

Les droits de l’homme protègent la liberté de la personne. Mais où sont les limites de la liberté ? À l’occasion de la journée des droits humains du 10 décembre 2018, les trois Églises nationales et les Églises évangéliques de Suisse écoutent trois personnalités critiques, qui avaient chacune une vision bien à elle des droits humains. Il y a 70 ans, l’Assemblée générale des Nations unies signait la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces droits s’appliquent à tous les êtres humains, indépendamment de leur origine, de leur sexe ou de leur nationalité. Depuis, nous les considérons souvent comme une évidence, alors qu’ils sont pourtant sans cesse mis sous pression. Dans le cadre de ce 70e anniversaire, les Églises catholique romaine, réformées et catholique-chrétienne de Suisse, en collaboration avec les Églises évangéliques, ont imaginé un dialogue fictif entre la philosophe juive Hannah Arendt, le théologien réformé Karl Barth et le pape Jean XXIII. De l’au-delà, tous trois entament une discussion et révèlent d’étonnantes convergences dans leurs réflexions. Leur échange entre volutes de fumée et esprit visionnaire est bien moins une rétrospective céleste qu’une critique éminemment actuelle. Si chacun impose unilatéralement ses propres droits humains, le vivre ensemble pacifique cède la place à une bataille rangée, remarque Karl Barth. Hannah Arendt approuve. Pour elle, les droits humains ne peuvent pas être brandis comme un bouclier, sans quoi on crée de la distance plutôt que de laisser place à la rencontre. Pour le pape Jean XXIII, les droits humains reconnaissent la dignité de la personne, pour chaque être humain. Et font ainsi de la justice un synonyme de paix. Légende de la photo : de gauche à droite Hannah Arendt, Karl Barth et Jean XXIII Document des Églises à l'occasion de la Journée internationale des droits humains, le 10 décembre 2018


Semaine de prière pour l'unité 2019

Les textes et la documentation pour la semaine de prière 2019 pour l'unité des chrétiens sont préparés par un groupe de travail œcuménique d'Indonésie. Le groupe de travail a choisi un verset du Deutéronome « Tu rechercheras la justice, rien que la justice … »  (Dt 16,20a) comme idée directrice pour cette semaine de prière entre le 18 et le 25 janvier.

La devise de l’Indonésie n’est pas sans raison Bhineka Tunggal Ika : unité dans la diversité. L’Indonésie est le plus grand pays d’Asie du Sud-Est avec plus de 17 000 îles, 1 340 groupes ethniques différents et plus de 740 langues. Seuls quelque 10% des 256 millions d’habitants sont de confession chrétienne. L’Indonésie est pourtant unie dans sa diversité. Ce fragile équilibre est aujourd’hui menacé par de graves problèmes. La corruption est présente sous plusieurs formes, elle pervertit les relations sociales et accroît les situations d’injustice. La prospérité de certains groupes ethniques ou religieux accroît les tensions. Animés par ces inquiétudes, les chrétiens d’Indonésie ont trouvé que le verset « Tu rechercheras la justice, rien que la justice … » (Dt 16,20) était un appel particulièrement pertinent pour eux et pour tous les chrétiennes et les chrétiens dans le monde. Lien vers la page thématique


Daniel de Roche élu président de la CTEC.CH

L’assemblée plénière de la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH) a élu le 19 septembre 2018 à Soleure le pasteur réformé Daniel de Roche à sa présidence. Daniel de Roche entre en fonction le 1er janvier 2019 pour un mandat de deux ans. « Cheminer ensemble » Daniel de Roche connaît très bien l’Église catholique romaine de par son activité passée de pasteur en paroisse dans le canton de Fribourg. Il a appris à connaître et à apprécier l’œcuménisme multilatéral à la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse. La CTEC Suisse est la seule plateforme œcuménique active au plan national en Suisse. Lors de sa visite à Genève, le 21 juin 2018, le pape François a dit que cheminer ensemble, prier ensemble et travailler ensemble constituait la voie royale qui mènerait à l’unité des chrétiens. Daniel de Roche : « Je souhaite emprunter ce chemin avec les Églises de la CTEC.CH et poursuivre et intensifier le cheminement en toute cordialité avec les Églises et communautés évangéliques. » Représentant de la FEPS Le pasteur Daniel de Roche représente depuis 2015 la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS) au sein du présidium de la CTEC.CH. Il en est le vice-président depuis 2017. Le président ou la présidente est proposé-e selon un tournus de deux ans par la FEPS, la Conférence des évêques suisses (CES) et une autre Église membre de la CTEC.CH et élu-e par l’assemblée plénière. Mgr Denis Theurillat, représentant la CES, préside la CTEC.CH jusqu’à la fin de l’année 2018. La CTEC Suisse : l’œcuménisme multilatéral La CTEC Suisse compte aujourd’hui douze Églises membres et trois Églises et communautés ecclésiales ayant le statut d‘hôte. Elle a été fondée en 1971 comme la seule plateforme œcuménique œuvrant au niveau national pour promouvoir les échanges d’informations et le dialogue théologique. Dans certains cantons, des communautés de travail œcuméniques cantonales sont actives.  


Éminente visite œcuménique à Genève

Un invité éminent est accueilli sous le ciel bleu de Genève en ce 21 juin 2018. Le Conseil œcuménique des Églises (COE) célèbre son 70e anniversaire en présence du pape François. La visite du pape au COE a été présentée comme un pélerinage de gratitude sur le thème « cheminer, prier et œuvrer ensemble ». La présence du pape François est un signe d'espérance et d'encouragement pour les Églises membres du COE et pour tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté dans le monde entier, selon Agnes Abouom, présidente du Comité central du COE. Homélie du pape François