50 ans après sa mort, Karl Barth nous parle encore … d’œcuménisme

Il y a 100 ans, en 1919, le théologien réformé suisse Karl Barth publia une interprétation révolutionnaire de l’Épître aux Romains, qui lui valut instantanément une renommée internationale. Karl Barth est l’un des plus grands théologiens du XXe siècle, un siècle dont l’histoire mouvementée – nazisme, 1re et 2e Guerre mondiale, concile de Vatican II dans l’histoire de l’Église – a exercé une grande influence sur sa pensée. Barth s’est exprimé sur toutes les thématiques théologiques, donc sur l’œcuménisme également. La Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH) a commémoré à sa façon ce jubilé en conviant le théologien Matthias Wüthrich, professeur assistant à l’Université de Zurich et spécialiste de Barth, à lui présenter la vision barthienne de l’œcuménisme lors de son assemblée plénière du 18 septembre 2019. S’en est suivie une discussion sur le modèle d’unité qui anime les Églises de la CTEC.CH : 50 ans après sa mort, Karl Barth nous parle encore !

Programme théologique en deux mots : Jésus Christ
Le programme théologique de Karl Bart tient en quelques mots : toute théologie est issue de Jésus-Christ lui-seul et a Jésus-Christ lui seul en point de mire. Barth rejetait avec virulence ce qu’il qualifie de théologie naturelle, une théologie qui accepte d’autres sources de la Révélation et permet à l’être humain de reconnaître ou de trouver Dieu dans la nature, dans sa propre conscience, dans l’histoire ou dans certaines institutions, l’État ou le mariage. Ce refus fondamental de toute théologie naturelle visait la théologie catholique (avec son principe d’« analogia entis », analogie de l’être, une invention de l’antéchrist pour Barth) mais aussi la théologie libérale protestante (Schleiermacher) et la théologie qui se pratiquait dans l’Allemagne des années 1910,1920 et nazie, avec sa divinisation du peuple allemand. Qu’aurait dit Barth aujourd’hui de la montée du populisme de droite comme de gauche en Europe ?

L’œcuménisme de l’amitié, du rire et du repentir
L’amitié de Karl Barth avec le théologien néerlandais Willem Visser‘T Hooft (1900-1985) l’a beaucoup influencé (et réciproquement). Dès 1925, Visser‘T Hooft participe aux tout premiers mouvements œcuméniques et sera le premier secrétaire du Conseil œcuménique des Églises (COE), fondé en 1948. Barth a tenu le discours d’introduction de la première assemblée du COE, à Amsterdam et s’est beaucoup impliqué dans le travail de commission. À cette époque, la question clé de l’œcuménisme était, selon lui, celle de la relation des Églises au judaïsme, au peuple d’Israël (au sens biblique !).

Dès la fin des années 1950, Barth commence à s’intéresser au catholicisme. Il entretient des liens avec de grands théologiens, comme Hans Urs von Balthasar, le jésuite Henri Bouillard ou Hans Küng. Une visite à Rome, en 1966, lui fait découvrir une Église (catholique romaine) juste après le concile de Vatican II, une Église « travaillée par un authentique mouvement de réforme ». Il rencontre de nombreux chrétiens avec lesquels il s’est « entretenu avec sérieux et sincérité et a ri de bon cœur ». Le sens de l’humour de Karl Barth était en effet proverbial. Dans son récit de voyage romain, Karl Barth a démontré qu’il était capable, dans une situation donnée, d’évoluer. Sa façon à lui de témoigner son repentir ?

À chaque Église « son » Seigneur !
La conversion d’une Église à l’autre n’a pour Karl Barth aucun sens, sauf s’il elle répond à une nécessité de la conscience : conversion non pas à une autre Église mais à Jésus-Christ, Seigneur de l’Église une, sainte, catholique et apostolique … Il n’existe aucune justification, ni théologique, ni spirituelle, ni biblique à la division des Églises que Barth n’hésite pas à qualifier de scandale. La diversité n’est donc pas, comme l’affirment certains, une richesse mais un déficit. Elle constitue un contre-témoignage à ce que les chrétiens professent : un seul Seigneur ! La division de l’Église relève de la sphère théologique du péché, pour lequel tout chrétien doit se repentir, sans attendre que les autres le fassent avant lui ou reconnaissent leur (plus grande) responsabilité (culpabilité).

Quel modèle œcuménique ?
Karl Barth rejette donc l’idée d’unité dans la diversité, de diversité réconciliée, de l’unité invisible confessée ou le principe d’unité supraconfessionelle ou d’œcuménisme de la conversion. Son modèle est dynamique, adapté à la situation – là où les chrétiens se trouvent – et toujours et exclusivement christocentrique. La convergence ne s’établit pas dans la relation directe avec les autres Églises mais dans leur relation commune à Jésus-Christ. L’Église et les chrétiens doivent accepter de se laisser remplir par le Christ puisque le Christ est, dans sa puissance, l’unité. L’unité devient visible dans la profession de foi et le témoignage communs, comme le donnèrent les chrétiens de l’Église confessante, dans les années 1930, parfois au péril de leur vie.

Certaines questions et affirmations ont émergé de la discussion qui s’en est suivie à l'assemblée plénière:

  • La théologie orthodoxe est très fortement axée sur l’Esprit Saint. Quelle place peuvent trouver les orthodoxes dans un modèle si exclusivement christocentrique ? L’unité sans l’orthodoxie est tout simplement impensable.
  • Comment se fait-il que l’œcuménisme ne progresse que lorsque, d’une part, les Églises identifient un ennemi commun (le nazisme pour l’Église confessante d’Allemagne) ou, d’autre part, voient leurs moyens financiers diminuer ? N’est-ce pas aussi une partie du scandale que dénonce Barth ?
  • On peut certes se montrer critique envers l’œcuménisme institutionnel ; l’unité n’est certes visible que lorsque des chrétiens célèbrent, prient et témoignent ensemble. Certains responsables de communauté font malheureusement l’expérience que leurs paroissiens ne participent pas aux célébrations œcuméniques. Nous sommes toutes et tous pour l’œcuménisme, mais d’abord pour les autres !
  • Il a fallu un rapprochement et un dialogue institutionnels pour préparer le terrain. En Suisse, les instances nationale et cantonales y contribuent depuis leur fondation, dès les années 1960. Les instances internationales, comme le COE, ont aussi contribué et contribuent encore à éclaircir les différends théologiques. Les théologiens font leur travail et proposent des outils concrets pour les communautés et les responsables de communauté (voir publications du Groupe des Dombes). On ne peut toutefois s’empêcher de ressentir une certaine frustration : que font les institutions ecclésiales pour répondre à la souffrance que provoquent les divisions ? Que font-elles pour favoriser la vie de foi partagée, un mot-clé : accès à l’eucharistie ? Quel est le but de l’œcuménisme en 2019 ? Quelle relève dans les institutions ?
  • Le plus grand problème aujourd’hui est celui de la concurrence que les Églises se livrent entre elles.

Dans la foi en Jésus-Christ notre Seigneur
Le préambule des statuts de la CTEC.CH est toujours pertinent : « Dans la foi en Jésus-Christ notre Seigneur, Sauveur de l’humanité … La CTEC.CH veut témoigner de l’unité des Églises fondées par Jésus-Christ et vivant en Lui … Se fondant sur les Saintes Écritures, elle veut témoigner de l’unité des Églises fondées par Jésus-Christ et vivant en ui, servir son accomplissement et encourager la collaboration des Églises dans l’esprit de la Charte œcuménique européenne, pour la gloire du Dieu trinitaire, Père, Fils et Saint Esprit ». Le label Oecumenica que la CTEC.CH attribue à des projets locaux est une façon de rendre visible l’unité.

Notre espérance est en Jésus-Christ et Jésus-Christ agit à travers les hommes que Barth a parfois qualifiés de partenaires de Dieu. En conclusion : nous avons besoin aujourd’hui de plus d’incarnation courageuse !

Anne Durrer, secrétaire générale de la CTEC.CH

Citations de Karl Barth données par le Prof. Wüthrich


Conférence pour la paix de la KEK: tirer les leçons du passé pour envisager l'avenir

À l’occasion de son 60e anniversaire, la Conférence des Églises européennes (KEK) a organisé une conférence pour la paix qui s’est tenue à Paris du 10 au 12 septembre dernier. Les participants se sont penchés sur les héritages et les difficultés de la Conférence de paix de Paris en 1919, après la 1re Guerre mondiale, tout en recherchant des moyens nouveaux et créatifs de consolider la paix aujourd’hui.

Le thème de la paix a été abordé sous différents angles lors de séminaires et de tables rondes. Les intervenants de différentes confessions chrétiennes, ainsi que des traditions juive et musulmane, ont mutuellement nourri leur réflexion. Les thèmes abordés allaient du legs de l’Occident au Proche-Orient au populisme, en passant par le développement durable et l’économie, qui sont des éléments clefs pour l’engagement interreligieux et pour le renforcement de la pratique de consolidation de la paix des communautés confessionnelles. Deux tables rondes se sont penchées sur les religions abrahamiques et le dialogue de paix, ainsi que sur la vocation de l’Europe à favoriser la paix, et le rôle de la sécurité et de la paix.

« La valeur de l’hospitalité se trouve au cœur de toutes les traditions religieuses », a rappelé le rabbin David Rosen du Comité juif américain, directeur international des affaires interreligieuses. « La collaboration interreligieuse joue ainsi un rôle inestimable pour permettre aux populations et aux communautés de religions variées de comprendre leur identité religieuse propre et leur sentiment d’appartenance comme les vecteurs d’une contribution constructive et de l’amélioration du bien-être de la société », a-t-il poursuivi.

Dans un séminaire intitulé « Populisme, développement durable et économie », le pasteur Tony Addy, de la Fédération luthérienne mondiale, a développé le concept de « vivre-ensemble convivial ». « Il est essentiel de ne pas négliger les aspects socio-économiques de la paix et de la prévention des conflits et de porter une attention particulière à la vie quotidienne des personnes et des communautés qui pourraient se voir entraînées dans des conflits par le nationalisme ou le populisme », a ajouté le pasteur Addy.

La pasteure Antje Heider-Rottwilm, d’Église et Paix, a déclaré : « Toute personne qui se donne la peine de réfléchir au-delà de la propagande populiste sait qu’il existe des liens entre des relations économiques injustes, l’exploitation à l’échelle planétaire, la corruption, la dictature, la production et l’exportation d’armes, l’intensification des changements climatiques, le fondamentalisme et, enfin, la migration. » « Dans un tel contexte, l’Union européenne détient un rôle ambivalent. Elle qui était depuis longtemps acteur de paix se focalise désormais de plus en plus sur la sécurité », a-t-elle ajouté.

La Conférence pour la paix a rassemblé plus de soixante participants venus de toute l’Europe, représentant les Églises membres de la KEK et des organisations partenaires.

Source : service de presse KEK


L'association alémanique des Églises et communautés évangéliques a 100 ans

L'Association des Églises et communautés évangéliques libres de Suisse – « VFG – Freikirchen Schweiz » – fête son 100e anniversaire le 13 septembre à Berne. L'association compte 17 Églises membres, principalement de Suisse alémanique, deux avec le statut d'hôte et une avec le statut d'observateur. Cet anniversaire coïncide avec le 500e anniversaire de la fondation en 1519 de la 1re Église libre en Suisse, à Zollikon au bord du lac de Zurich.

De l'épidémie de grippe de 1919 au 21e siècle
En 1918, les autorités suisses décidèrent, afin de mettre un terme à la propagation de l'épidémie de grippe, d'interdire les réunions et cultes. Cette mesure toucha essentiellement les Églises libres. L'interdiction du culte fut perçue comme une injustice, car les Églises historiques, les restaurants et auberges furent autorisés à rester ouverts au public. Les autorités ayant refusé de la reconnaître comme interlocutrice, l'Alliance évangélique suisse fonda donc le 18 novembre 1919 à Aarau l’« Association des corporations évangéliques indépendantes (Églises, communautés, sociétés et associations) de Suisse ».

La troisième force
Depuis lors, l'association « VFG – Freikirchen Schweiz » est active en tant qu'association ecclésiale nationale et met en réseau les Églises et mouvements affiliés, mène des activités de relations publiques, participe, sur un plan politique, aux consultations fédérales et défend les valeurs éthiques chrétiennes dans la société. « VFG – Freikirchen Schweiz » se considère comme la troisième force chrétienne en Suisse, après les Églises évangéliques-réformées et catholique romaine.

Engagement œcuménique
Le 12 septembre 2017, à Delémont, l'assemblée plénière de la CTEC Suisse a accordé à l'unanimité le statut d’hôte au VFG. À cette occasion, le président actuel, le pasteur Peter Schneeberger, a déclaré que le VFG souhaitait travailler avec la CTEC.CH, car les Églises en Suisse sont confrontées à un environnement de plus en plus sécularisé. « La liberté de religion est très importante », a-t-il déclaré et le statut d'hôte au sein de la CTEC.CH lui donnerait « plus de poids et de crédibilité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur ».

500 ans d'Églises libres
Au sein du protestantisme, la tradition d’Église libre a ses racines en Suisse depuis 500 ans. Selon le site Internet du VFG, l'historien zurichois Fritz Blanke a évoqué la commune de Zollikon au bord du lac de Zurich comme « le premier endroit de l'histoire protestante où une communauté chrétienne, sans lien avec l’État, et basée sur le principe de l’adhésion volontaire a cherché à s'établir ».

© APD/CTEC.CH

Brochure du jubilé Profile einer dynamischen Bewegung
Schweizer Freikirchen – was sie seit 100 Jahren verbindet


La Communauté de travail des Églises du canton de Berne fête ses 50 ans

Le 8 septembre, la Communauté de travail des Églises du canton de Berne a commémoré 50 ans d'œcuménisme dans le canton de Berne. Les notes joyeuses mais aussi solennelles de l'ensemble de cuivres de l'Armée du Salut, le chant traditionnel de l'ensemble vocal de la communauté serbe-orthodoxe de Berne et les sons puissants de l'orgue dans l'Église française ont accompagné musicalement la célébration. Des invités et des représentants des membres de l'AKB ont commémoré 50 ans d'œcuménisme dans le canton de Berne. Le pasteur Christoph Knoch, président de l'AKB, a animé la célébration. Après 50 ans de route commune, l'AKB constate : « Les membres et les hôtes de l'AKB ont différentes visions de l’Église ».

Le Concile Vatican II (1962-1969) a fait naître l'espoir que les divisions confessionnelles pourraient s'estomper, voire même être surmontées, selon le mot d’ordre : « aggiornamento ». De nombreuses plates-formes œcuméniques ont été créées en Suisse durant cette période, comme l'AKB, deuxième communauté de travail cantonale la plus ancienne (après celle du canton de Zurich, fondée en 1965).

Depuis 1969, année de sa fondation, l'AKB est « un lieu de rencontre, de consultation et de réflexion pour les délégués et les invités d’Églises, d'organisations ou de communautés ecclésiales actives dans la partie germanophone du canton de Berne ». Elle s'engage à percevoir la diversité toujours changeante des Églises locales. Dans les réunions et dans le dialogue, elle facilite les échanges et l'action commune pour le bien de la communauté » (traduction de l'article des statuts de septembre 2014 traitant de l'objectif).

Pour son 50e anniversaire, je souhaite que l'AKB continue à avoir le courage et la force de sauter par-dessus les murs. Franz Scherrer, ancien représentant de l’Église catholique romaine à l'AKB

Si, dans les premières années, l'accent portait sur les contacts entre les Églises reconnues par l'État et les Églises libres, il s'est déplacé depuis vers les Églises orthodoxes. Aujourd'hui, l'AKB compte sept Églises membres, quatre Églises et communautés avec le statut d'hôte et sept invités permanents. À l'avenir, une tâche importante sera de nouer des contacts avec les Églises issues de la migration qui fleurissent dans le canton.

Le document de 2013 L'Église : vers une vision commune de la commission Foi et Constitution du Conseil œcuménique des Églises est une source d'inspiration pour l'AKB : chaque « Église locale est totalement Église, mais elle n’est pas l’Église tout entière. Dans ce sens, il faudrait considérer l’Église locale non pas indépendamment d’autres Église locales mais en relation dynamique avec elles ».

Un regard externe ne pouvait manquer durant cette célébration. Dölf Barben, journaliste qui traite depuis des années les thèmes en lien avec l'Église pour le quotidien bernois Der Bund, devait répondre de son point de vue à la question « De quelle Église avons-nous besoin aujourd'hui ? » (texte allemand). Il imagine l'Église comme une sorte de pôle de vie spirituelle, un havre de paix au milieu de la ville (ou du quartier), une Maison des Églises, et pourquoi pas des religions, dans laquelle il se passe toujours quelque chose, dans laquelle un ou une accompagnante spirituelle est disponible 24 heures sur 24, où les gens se rencontrent, célèbrent le culte, trouvent soutien et cultivent le sens de la communauté. Une sorte de « quartier du temple » ?

Exposé, version audio (en allemand)
Vers le site Internet de l'AKB


Charte des communautés religieuses lancée par le PEV Suisse

À l’occasion de la Jour­née inter­na­tio­nale de com­mé­mo­ra­tion des per­sonnes vic­times de vio­lences en rai­son de leur reli­gion ou de leurs convic­tions, le Parti évangélique suisse présente une Charte des com­mu­nau­tés reli­gieuses. Le parti pro­pose ainsi une réponse de poli­tique reli­gieuse à la diver­sité crois­sante des reli­gions en Suisse, et aux défis qui accom­pagnent cette diver­sité. Avec cette Charte, le PEV suggère une base concrète de dis­cus­sion pour une coexis­tence paci­fique des com­mu­nau­tés reli­gieuses en Suisse.

Pour la présidente du PEV, la conseillère nationale bernoise Marianne Streiff, « il est néces­saire d’avoir des lignes de conduite pour la coha­bi­ta­tion des dif­fé­rents groupes reli­gieux, afin de per­mettre un dia­logue d’égal à égal et d’assurer une coexis­tence et une col­la­bo­ra­tion paci­fiques dans une société plu­ra­liste ».

La Charte donne la pos­si­bi­lité aux com­mu­nau­tés reli­gieuses de se recon­naître publique­ment dans les valeurs de notre société et dans notre sys­tème juri­dique, et de sus­ci­ter ainsi l’acceptation et la confiance. Par leur signa­ture, les com­mu­nau­tés reli­gieuses pour­raient ainsi témoi­gner qu’elles sont dis­po­sées à s’intégrer acti­ve­ment dans la société.

La dignité humaine est la base de départ de la Charte. Celle-ci se concentre sur les droits et les obli­ga­tions qui sont asso­ciés à la liberté reli­gieuse. « Tous les droits vont de pair avec l’obligation de les accep­ter aussi pour autrui. La Charte a donc éga­le­ment un effet pré­ven­tif, dans le sens où les com­mu­nau­tés reli­gieuses s’engagent d’une part à don­ner la prio­rité au dia­logue comme approche pour résoudre les conflits, et d’autre part à s’opposer aux appels à la haine », a expliqué Marc Jost, député au Grand Conseil ber­nois.

Pour le PEV, la pro­chaine étape consis­tera à remettre le projet de Charte pré­senté aujourd’hui à une asso­cia­tion ou à un groupe d’experts à dési­gner, qui ras­semble des per­sonnes repré­sen­tant dif­fé­rentes reli­gions et com­mu­nau­tés reli­gieuses. Ce groupe devra dis­cu­ter de la Charte, la déve­lop­per et en être dépo­si­taire à l’avenir. Il devra doré­na­vant aussi invi­ter les com­mu­nau­tés reli­gieuses en Suisse à la signer.

Vers la Charte

Source: communiqué du PEV


L'Alliance évangélique mondiale proclame 2020 Année mondiale de la Bible

L'Alliance évangélique mondiale (AEM) a déclaré 2020 Année mondiale de la Bible. L'année débutera en septembre 2019. Selon le secrétaire général de l'AEM, l'évêque Efraim Tendero, les chrétiennes et les chrétiens évangéliques du monde entier devraient lire la Bible plus souvent et investir davantage dans sa traduction et sa publication. « Référez-vous à la Bible et au Créateur dont la Parole est vraie, juste et valable à jamais », a lancé Tendero aux jeunes qui participaient à ces journées.

L'initiative d'une durée d'un an débutera en septembre 2019. « Nous soulignerons l'importance de la Bible comme fondement inaltérable pour la promotion de l'unité, de la liberté, du développement et de la qualité de vie aujourd'hui et dans les années à venir », a déclaré le secrétaire général de l'AEM. Cette initiative d'un an sera officiellement lancée les 15 et 16 septembre au Musée de la Bible à Washington. Les alliances évangéliques nationales devraient ensuite lancer des initiatives dans leurs pays respectifs.

Objectifs de l'Année de la Bible
L'AEM s'est fixé les objectifs suivants pour cette année :

  • accroissement d'une lecture réfléchie personnelle et communautaire de la Bible dans le monde entier ;
  • traduction, publication et diffusion de la Bible dans autant de langues que nécessaire.
  • Il faudrait donner des ressources aux croyants, en particulier de la jeune génération, dans tous les domaines de la vie pour leur permettre de mieux comprendre la Bible.

Site Internet

© APD, 15.8.2019


L’École de la Parole en Suisse romande a 25 ans et les fête avec vous

Pour marquer son 25e anniversaire, l'École de la Parole vous invite à une célébration de la Parole (lectio divina) à la cathédrale de Lausanne, le 1er septembre à 18 heures. Cette célébration est préparée par une équipe œcuménique.

Le thème de cette célébration est « Marie, à l'écoute de la vie ». D'après les Évangiles, la mère de Jésus est un modèle d'écoute de la Parole de Dieu, tout comme des événements et des appels de la vie. À partir d'un texte des Évangiles, nous vivrons une lectio divina. Comme pour Marie, « qu'il nous soit fait selon Sa Parole » !

L’École de la Parole est l’un des projets qui a obtenu le label Oecumenica de la CTEC Suisse pour son caractère œcuménique exemplaire.

Plus d'informations : pasteur Martin Hoegger


Nouvel hôte de la Fédération d’Églises luthériennes en Suisse et dans la Principauté du Lichtenstein

L’assemblée fédérale annuelle de, la Fédération d’Églises luthériennes en Suisse et dans la Principauté du Lichtenstein (BELK) s’est déroulée à Bâle le 23 mars 2019. Toutes les Églises membres de la Fédération y ont envoyé un ou une déléguée. Cette année encore, la BELK a grandi : après avoir accueilli l’Église évangélique-luthérienne finlandais en Suisse en 2017 et l’Église évangélique-luthérienne danoise en Suisse en 2018, cette la Fédération a accordé le statut d’hôte à l’Église évangélique-luthérienne suédoise de Zurich-Bâle.

Par ailleurs, l’assemblée fédérale a reçu une invitée, Cordelia Vitiello, qui est membre de l’Église luthérienne en Italie et membre du Conseil de la Fédération luthérienne mondiale (FLM). Elle a parlé de l’engagement diaconal de son Église en Italie et de la stratégie de la FLM et des conséquences qu'elle aura pour les Églises membres de la Fédération.

Légende
La photo montre la signature de l’acte d’obtention du statut d’hôte par le pasteur Magnus Nordström (Église suédoise, debout) et par le pasteur Jörg Winkelströter (président du BELK, assis).


Paix et justice pour toute la Création – 30e anniversaire du 1er Rassemblement œcuménique européen de Bâle

Le miracle de Pentecôte se reproduit année après année. Le même Esprit souffle sur nous, dans nos Églises, petites et grandes. Nous sommes de la même famille, et nous sommes du monde : l’Esprit de Dieu agit aussi dans le monde.

Un double miracle prend vie à Pentecôte. Dans un monde qui se polarise, nous nous rapprochons les uns et les unes des autres. Et dans des communautés et paroisses qui pourraient se préoccuper d’elles seules, nous sommes envoyés dans le monde.

À la Pentecôte de l’année 1989, à Bâle, lors du premier Rassemblement œcuménique européen, ce double miracle se fit intensément sentir. Les bouleversements en Europe centrale et orientale avaient ébranlé un continent jusqu’alors divisé. Certes, la Suisse en particulier n’avait jamais tout à fait oublié la plus grande Europe, celle qui s’étend jusqu’à l’Oural et au Caucase. Mais jamais elle ne fut aussi visible comme communion ecclésiale qu'à Bâle, à la Pentecôte 1989.

Beaucoup de sœurs et de frères d'Europe centrale et orientale participèrent activement au rassemblement de Bâle. Nous appartenons ä la même famille, nous l’avons expérimenté en priant, chantant, célébrant, à l’écoute de la Parole, en partageant tant de dons et de talents différents. De tels moments nous rendent reconnaissants et confiants. Ils resteront dans nos mémoires notre vie durant.

C'est le premier miracle, miracle ecclésial, à la Pentecôte 1989 à Bâle : une Église de toute l'Europe, ouverte au monde au-delà des frontières, animée et unie par l'Esprit.

L'autre miracle a été, et le reste aujourd’hui, le tournant politique et social globalement pacifique en Europe. Ce qui devint réalité six mois plus tard dans de nombreux pays, une révolution pacifique, pouvait déjà être pressenti à la Pentecôte 1989. Avec beaucoup d'espérance et non moins de crainte : il paraissait impossible de rompre l'équilibre de la terreur avec des armes de destruction massive des deux côtés sans sacrifice ou destruction. Qu’il ait pu en aller autrement n’était nullement gagné d'avance. Ce fut un miracle et l’est encore aujourd’hui.

On ne se remémorera jamais assez ce deuxième miracle, le miracle politique de 1989. Il s’opposait alors et s’oppose encore au « cours des choses », tout comme l'Esprit de Pentecôte. On lui doit ce miracle non seulement là – mais très visiblement là aussi – où œuvrent en artisans de paix des hommes et des femmes engagés en Église.

La déception et les désillusions n’ont pas attendu 30 années pour se manifester. Des conflits, anciens et nouveaux, des injustices, anciennes et nouvelles, la désintégration croissante d'un monde de plus en plus troublant marquent la conscience publique de leur empreinte. L'Europe ne va pas bien, les Églises en Europe ne vont pas bien. L'œcuménisme a replié ses larges ailes, il semble cheminer, les pieds endoloris, sur des sentiers caillouteux.

C'est toutefois le tableau que nous brossons et qui s'est fixé dans nos esprits. Le double miracle de Pentecôte, à Bâle, en 1989 en a été effacé. Mais peut-on révoquer un miracle ? Là où le miracle se produit, il appelle à un souvenir reconnaissant et à un nouveau départ, avec courage. À une vie inspirée des miracles de Dieu. « Je raconterai toutes tes merveilles », prie le psalmiste. Encore et encore …

Et puis le regard change. Puis nous voyons la merveilleuse encyclique Laudato si, 26 ans après le rassemblement de 1989. L’influence du premier Rassemblement œcuménique sur ce texte est indéniable, avec son enseignement sur la terre comme maison commune. Nous voyons à quel point l'Assemblée œcuménique de la Pentecôte 1989 fut clairvoyante en faisant bientôt du changement climatique d'origine humaine une thématique majeure, en collaboration avec la Société européenne de physique. L'Église – et le monde, ici aussi.

Dans de nombreux lieux d'Église, les impulsions d’alors sont mises en œuvre au quotidien. Bien sûr, le diable se niche toujours dans les détails, selon une belle expression de la langue allemande pour évoquer les difficultés rencontrées ce faisant. Mais l’Esprit qui chasse le diable et brise les cercles vicieux ne compte-t-il pas plus ?

Et ça continue. Tout comme les Actes des Apôtres se poursuivent après la Pentecôte. Pentecôte est évoquée au chapitre 2, 26 autres chapitres suivent – avec de merveilleuses percées, des réconciliations courageuses, la diffusion de la Bonne Nouvelle et la croissance de la jeune Église. Mais également avec des revers, la captivité, un tremblement de terre, un naufrage.

Suivons les autres chapitres de l'histoire du Miracle de la Pentecôte de Bâle de 1989 : « paix et justice pour toute la Création ». Rédigeons-la ensemble : l'Esprit mène notre plume.

Otto Schäfer, pasteur et docteur en biologie
À la demande de la CTEC Suisse

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Fondation de l'association «Christian Public Affairs»

Le 20 mai dernier, des organisations et associations chrétiennes ont fondé l'association « Christian Public Affairs » (CPA) pour que leurs sujets d'intérêt soient mieux entendus au plan politique fédéral et dans la société.

« Christian Public Affairs » veut exercer une influence constructive sur le processus législatif en Suisse sur la base des valeurs défendues par le christianisme. L'association comprend son engagement comme un service envers la société. Les membres de cette association nouvellement créée veulent assumer leur responsabilité sociale et politique en s'impliquant dans les questions suivantes : sauvegarde de la Création, protection de la dignité de chaque individu, droits humains, justice et protection de la liberté religieuse et de conscience. CPA agira dorénavant sur mandat de ses membres, dans des domaines politiques choisis.

L'Armée du Salut, l'Alliance évangélique suisse, le VFG (association de mouvements et d'Églises évangéliques libres en Suisse alémanique), ERF Medien, AEM Aide aux Églises dans le monde et ethik22 (institut d'éthique sociale) sont membres fondateurs de CPA. Trois autres institutions réfléchissent à leur adhésion.

L'association CPA est dirigée par Christine Volet (Armée du Salut, présidente) et Marc Jost (AES, vice-président). Elle a mandaté deux personnes pour un engagement à temps partiel : Paul Mori (ambassadeur extraordinaire, Armée du Salut) et Michael Mutzner (porte-parole du Réseau évangélique suisse RES).

Légende de la photo
La délégation des membres fondateurs, de gauche à droite: Peter Schneeberger (VFG), Linus Pfister (AEM), Christina Sasaki-Wallimann (ethik 22), Michael Mutzner (RES), Paul Mori (Armée du Salut), Chistine Volet (Armée du Salut, présidente), Marc Jost (AES). Hanspeter Hugentobler (ERF) manque sur la photo. Photo: © SEA/RES

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