6 mars: Journée mondiale de prière

Cette année, la Journée mondiale de prière (JMP) est célébrée dans le monde entier le 6 mars. Chaque année, des femmes d'un pays différent rédigent les textes pour la célébration. La liturgie 2020 nous vient du Zimbabwe. Les habitantes et les habitants du Zimbabwe aspirent à l'amour, la paix et la réconciliation ; c'est dans ce but qu'ils veulent se mettre en marche : « Lève-toi, prends ta natte et marche ! ». C'est le thème de la JMP 2020, tiré du récit de la guérison à la piscine de Bethesda dans l'Évangile de Jean (Jn 5, 2-9). Les Zimbabwéennes l'interprètent dans le contexte de leur propre histoire. Elles le comprennent comme une invitation à ne pas rester plus longtemps passif « sur sa natte » mais à devenir actif, à prendre son destin en mains et à assumer ses responsabilités, tout en étant solidaire. 

Le Zimbabwe, ex-colonie britannique de Rhodésie en Afrique australe, ne fait plus les gros titres de la presse. En mars 2019, les médias ont parlé du cyclone Idai qui a dévasté l'est du pays et le Mozambique voisin. L'année 2018 a été marquée par des élections présidentielles observées par le monde entier. Robert Mugabe avait été renversé en 2017 après 37 ans de domination tyrannique. Les femmes du Zimbabwe qui rédigeaient à ce moment-là le dossier de la Journée mondiale de prière, mettaient beaucoup d'espoir dans cette élection et cela s’exprime dans leurs textes. Elles décrivent comment les jeunes participaient aux élections avec de bonnes intentions et dans un esprit de paix. Malheureusement, le pays n’a pas encore trouvé la paix et la situation ne s'est pas vraiment améliorée avec le président Emmerson Mnangawa.

L'invitation à se lever et à se mettre en marche s'adresse à nous toutes et tous. Elle est aussi exprimée dans la devise de la JMP : « s'informer pour prier – prier pour agir ». Le produit de la collecte réalisée lors de la célébration de la JMP permet de soutenir des femmes du monde entier dans leurs efforts pour se libérer de l'impuissance et suivre leur propre chemin, pour le bien de leur famille et de toute la société. Une partie de la collecte est dans ce sens expressément destinée à des projets au Zimbabwe.

Vous trouverez des informations détaillées sur www.wgt.ch. On peut aussi commander sur ce site les autres documents de la JMP 2020.


L’œcuménisme neuchâtelois est-il en perte de vitesse ?

Alors que le canton de Neuchâtel a brillé, par le passé, pour les relations œcuméniques exceptionnelles entre ses Églises, la situation a changé. Un tour d’horizon à la fin de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens entrepris par Laurence Villoz pour ProtestInfo.

« Dans le canton de Neuchâtel, nous avons vécu des avancées sur le plan œcuménique comme peu d’endroits dans le monde », se rappelle Jean-Philippe Calame, pasteur retraité et ancien conseiller synodal de l’Église réformée évangélique neuchâteloise. Or depuis plusieurs années, un des piliers symboliques de cet œcuménisme s’effrite : l’hospitalité eucharistique, c’est-à-dire le fait de partager la communion, se fait de plus en plus rare. « Dans ma paroisse, le prêtre a souhaité qu’il n’y ait plus d’eucharistie lors des célébrations œcuméniques, contrairement à ce qu’il se faisait auparavant. Les fidèles le vivent comme un recul », explique Hyonou Paik, pasteur dans la paroisse de la Côte et délégué de l’Église évangélique réformée de Suisse à l’Assemblée plénière de la CTEC Suisse.

Protestants et catholiques ont une conception différente de la communion. Mais malgré cette différence théologique de taille, les chrétiens neuchâtelois communiaient ensemble à certaines occasions, comme lors de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. « Depuis plusieurs années, certains prêtres se sont repliés sur la compréhension stricte des dogmes catholiques. C’est comme si on avait été désordonné par le passé et qu’il fallait nous remettre à l’ordre. Ils ne voient pas les dégâts spirituels qu’ils font aux communautés », explique Jean-Philippe Calame.

« Ce sont les paroissiens qui en souffrent le plus ». Pasteur Hyonou Paik

Plusieurs facteurs pour expliquer ce virage
« Alors que la société était plutôt homogène dans les années 1970, que les citoyens se connaissaient, elle s’est diversifiée. Parallèlement, les Églises protestantes et catholiques ont accueilli de nouveaux pasteurs et prêtres venant de différents endroits du monde qui n’ont pas compris comment cela se passait sur place », précise Jean-Philippe Calame. « Au niveau de la direction de l’Église catholique romaine, on est passé d’une équipe locale, issue du terrain social et ecclésial neuchâtelois à des responsables beaucoup plus internationaux appliquant les dogmes de façon plus carrée », relève Nassouh Toutoungi, curé catholique chrétien pour les paroisses du canton de Neuchâtel et de l’arrondissement du Jura bernois. « Comme dans la société civile, notamment en politique, on remarque une sorte de communautarisme, de repli identitaire, qui se traduit par le besoin de se recentrer », souligne l’abbé catholique romain, fraîchement retraité, Canisius Oberson.

Du côté des autorités catholiques romaines, l’hospitalité eucharistique n’est pas au cœur de l’œcuménisme.

« Certains membres de nos Églises se focalisent sur l’hospitalité eucharistique, ignorant tout ce qui se fait d’autres. Ce n’est pas correct de mettre toute l’attention sur un point qui nous sépare alors que nous collaborons intimement dans plein de domaines ». Abbé Pietro Guerini, vicaire épiscopal

Au niveau des aumôneries, de la pastorale de rue et de l’asile, les trois Églises reconnues (réformée, catholique-chrétienne et catholique romaine) collaborent étroitement. « Dans les homes, j’ai l’impression que cela n’a pas changé. L’accueil à l’eucharistie est ouvert. Les résidents qui recherchent un temps de spiritualité vont aussi bien aux cultes qu’aux messes », constate la pasteure Julie Paik, aumônière en EMS. « La collaboration peut avoir différentes formes. Ce qui pose le plus de problèmes aujourd’hui, ce sont les célébrations », souligne le pasteur Christian Miaz, président de l’Église évangélique réformée neuchâteloise.

La nostalgie du passé
« On nous traite de passéistes », déplore Jean-Philippe Calame. En effet, pour le vicaire épiscopal, l’Église n’est plus la même. « Les personnes qui ont vécu ces années-là ont une vision de l’Église à Neuchâtel qui appartient à leur jeunesse. Or, l’Église a beaucoup changé. Aujourd’hui, 60% des catholiques dans le canton de Neuchâtel sont des étrangers. Je ne peux pas modifier le fonctionnement de l’Église catholique, sous prétexte que certaines personnes sont nostalgiques des années passées », explique l’abbé Pietro Guerini. « Nous devons nous focaliser sur des projets concrets, comme la prière commune, la collaboration dans les aumôneries ou l’accueil des migrants. Il est essentiel pour moi que nous cheminions ensemble », affirme encore le vicaire épiscopal.

Une situation propre au canton de Neuchâtel ? « Nous avons vécu quelque chose de très particulier par le passé. La déception est d’autant plus grande. Nous devons donc reprendre le temps d’échanger réciproquement sur les parcours et expériences qui ont construit nos croyances et pratiques », insiste Jean-Philippe Calame. « Tout le monde est impliqué dans les changements qui ont eu lieu, les prêtres, les pasteurs et également les paroissiens. Depuis 1943, l’année de la reconnaissance des trois Églises dans le canton de Neuchâtel, nous avons parcouru un chemin incroyable avec des hauts et des bas et nous continuons de le poursuivre », constate Christian Miaz. « Et par rapport à la présence réelle du Christ lors de la communion, n’est-Il pas assez grand pour savoir comment Il doit être présent chez les uns et chez les autres ? », souffle l’abbé Canisius Oberson.

Avec l'aimable autorisation de ProtestInfo


L’œcuménisme est mort, vive l’œcuménisme !

Dans le cadre de la Semaine de prière pour l’unité, interview de Joachim Negel, théologien catholique, directeur de l’Institut d’études œcuméniques de l’Université de Fribourg. Par Marie Destraz, ProtestInfo.

En quoi l’œcuménisme a-t-il changé depuis sa création il y a près d’un siècle ?
Joachim Negel : Aujourd’hui, les Églises protestantes et catholiques historiques en Suisse ne peuvent plus se payer le luxe de poursuivre des disputes qui ont hanté les deux dernières générations, entre autres sur la question d’une hospitalité eucharistique.

Le contexte a profondément changé. Les désaccords doctrinaux et confessionnalistes paraissent dérisoires dans une société de plus en plus éloignée des questions religieuses. Joachim Negel

Quelle voie emprunte alors aujourd’hui l’œcuménisme ?
Il s’agit de parvenir à faire face à une situation problématique commune : l’enjeu de la religion dans une société sécularisée. Les Églises font partie de la société et de la culture, elles se questionnent donc sur la façon de vivre leur confession de foi chrétienne dans une société post-chrétienne, post-séculaire et post-ecclésiale. Et la question n’est pas résolue.

Pourquoi les Églises ont-elles cherché, à l’époque, à faire front commun ?
Avec la Grande Guerre de 1914, on a assisté à une guerre féroce entre des nations qui se prétendaient chrétiennes. Cela a provoqué un effroi éveillant chez les responsables des Églises européennes : si nous sommes frères et sœurs de foi, pourquoi cette foi n’a-t-elle pas empêché de telles atrocités ? Que fait-on de faux ? Faudrait-il que l’on fasse connaissance les uns avec les autres ?

Concrètement, comment l’œcuménisme s’est-il mis en place ?
C’est dans les années 1920 que le Mouvement du christianisme pratique, d’inspiration luthérienne, et la Commission Foi et Constitution (Faith and Order), initiée par les anglicans, voient le jour. Le premier groupe s’attache à la question de l’union à travers l’action concrète et la lutte pour une société plus juste et le second se penche sur les questions doctrinales. Ils fusionneront pour donner naissance au Conseil œcuménique des Églises en 1948, situé à Genève, qui est aujourd’hui un instrument politique permettant les échanges entre les Églises occidentales et orientales. Avec la Deuxième Guerre mondiale, également, des résistances se créent et des rassemblements voient le jour face au totalitarisme politique. Il y a donc un parallèle avec la situation actuelle : l’exigence du contexte qui est plus grande que de petites disputes et pousse les chrétiens à se rassembler.

C’est dans les années 1960 que le mouvement connaît finalement son succès.
Il prend de la vitesse avec le concile Vatican II (1962-1966), un concile qui se voulait dès le premier jour « œcuménique ». Il est le symbole de l’ouverture de l’Église catholique (romaine) au monde moderne mais aussi aux autres Églises. Les années 1970-1980 sont synonymes de grandes déclarations officielles communes. Et en 1999 à Augsbourg, l’Église catholique et deux fédérations protestantes, rejointes ensuite par d’autres, signent une déclaration sur la justification par la foi, qui précise que l’humain est sauvé par la grâce de Dieu. Elle clôturait un grand questionnement qui était une des pierres d’achoppement entre les différentes traditions.

Mais en l’an 2000, le cardinal Joseph Ratzinger, à l’époque préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome, a freiné beaucoup de ces espérances en déclarant dans le document Dominus Jesus entre autres, que les Églises de type protestantes manqueraient des spécificités ecclésiales nécessaires pour être des vraies Églises : à savoir la succession apostolique des évêques et le caractère sacramentel du ministère. Malgré le consentement que d’autres réflexions de ce document ont trouvé chez maints théologiens protestants, cette déclaration, sur le plan œcuménique, a provoqué une déception considérable.

L’œcuménisme ne s’attache donc plus à gommer ou trouver des accords doctrinaux ?
Il y a toujours la possibilité de mettre le focus sur ce qui sépare, on est ainsi séparé, mais conscient de ce qui nous rassemble. On peut aussi choisir de mettre le focus sur ce qui nous rassemble, tout en restant conscient de ce qui nous sépare. Les questions doctrinales restent importantes, car si on ne trouve pas de solution au rapprochement œcuménique, celui-ci est bâti sur du sable. Mais les questions auxquelles on n’est incapable de répondre disparaissent dans l’urgence. Dans la pratique pourtant, le rapprochement des communautés et des gens se réalise.

En quoi l’œcuménisme est-il aujourd’hui encore une nécessité ?
Nos paroisses, ou plutôt une certaine forme de vie paroissiale meurt. Je le dis avec tristesse, car des choses admirables ont été faites par le passé. La vie sociale d’un village passait par la vie paroissiale. Ce n’est plus le cas. Les engagements sociaux et caritatifs se perdent par la force des choses. Quant aux aumôneries communes entre protestants et catholiques par exemple au sein des hôpitaux, des prisons ou de l’armée, elles font face à une pluralité de confessions. Parfois, dans les hôpitaux, les patients cherchent juste à avoir une présence à leur côté. Il s’agit donc de s’organiser autrement et de tenir compte de l’exigence économique aussi. Mais l’avenir est bien dans l’œcuménisme.

Depuis 1908, les chrétiens continuent d’ailleurs de se rassembler du 18 au 25 janvier pour une semaine de prière pour l’unité chrétienne.
La Semaine de l’unité chrétienne a survécu, mais elle a perdu l’enthousiasme qui l’animait à l’époque. Elle reste pourtant un événement symbolique. La laisser tomber enverrait d’ailleurs un signal négatif.

En quoi les enjeux des chrétiens en Occident diffèrent-ils du christianisme oriental ?
Après la chute du bloc de l’Est, les Églises orthodoxes ont repris un certain essor, mais ont encore du mal à retrouver leur place dans la société. Et puis, surtout en Russie et en Ukraine, mais aussi dans d’autres pays d’Europe orientale, il y a surtout un mélange entre politique et religion qui est discutable.

Quant au Moyen-Orient, on ne peut que s’interroger sur l’avenir des Églises syriaque ou chaldéenne dans leur pays. C’est pourtant en Irak, Syrie ou encore en Égypte que l’on trouve le christianisme le plus vieux du monde. Mais il est aujourd’hui dispersé. La destruction de cette tradition chrétienne est entre autres le résultat de politiques occidentales. Aujourd’hui, ce sont des questions de survie qui occupent ces chrétiens et non les différences entre les confessions.

Publié avec l’aimable autorisation de ProtestInfo


Buon compleanno, CLCCT!

La Comunità di lavoro delle Chiese cristiane nel Ticino CLCCT (Communauté de travail des Églises chrétiennes au Tessin) célèbre à Lugano son 20e anniversaire durant la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens. « Nous demandons une prière spéciale pour notre petite communauté tessinoise. Que le Seigneur continue à nous éclairer, nous et tous les chrétiens, avec son Esprit Saint, sur le chemin de l'unité dans la diversité », demande Don Rolando Leo, son président. La devise retenue pour la Semaine de l’unité de cette année 2020 se prête parfaitement bien à ce jubilé : « Ci trattarono con gentilezza ». La CTEC Suisse souhaite beaucoup de « gentilezza » à sa consœur tessinoise et lui souhaite longue vie !

Dans son invitation, Don Rolando Leo écrit : « Certes, le voyage de ces 20 ans a connu des embûches ; c’est une goutte d'eau dans l'océan, mais quand on se sent uni, on sent la présence du Dieu de Jésus-Christ. Cependant, d'importantes mesures ont également été prises toutes et tous ensemble et le voyage se poursuit ».

Les chrétiennes et les chrétiens du Tessin sont nombreux et divisés en différentes Églises et traditions, et ce pour des raisons historiques, géographiques et théologiques. Les différentes traditions liturgiques font la richesse du monde chrétien. La CLCCT rencontre régulièrement les différents représentants des neuf Églises qui en sont membres. « Nous prions ensemble, en nous rappelant la volonté du Seigneur que tous soient un. C’est le fondement-même de l'œcuménisme. Notre but est de rendre visible le bon travail que fournissent toutes les Églises et de les mettre en lien. Nous apprenons à nous connaître en nous regardant mutuellement avec estime et respect », toujours selon Don Leo.

Prédication sur le thème de l'hospitalité
Durant la célébration œcuménique, Reverend Canon Adèle Kelham, responsable de l’Église d’Angleterre en Suisse et membre du présidium de la CTEC.CH, a évoqué les changements profonds qu’a connus le monde au cours de ces 20 années. La mondialisation nous rapprochés plus que jamais auparavant, mais l’anonymat et l’ouverture de la société nous rend vulnérables aux attaques de groupements et d’individus dont les arguments échappent souvent à des considérations rationnelles. Nous devons chercher comment ouvrir un espace à la différence, comme le font les Églises tessinoises qui célèbrent aujourd’hui le 20e anniversaire de leur communauté de travail œcuménique : elles cherchent ensemble comment l’unité du Créateur s’exprime dans la diversité de la Création, en témoignant les uns envers les autres de « gentilezza ». Cela nous ramène au fil rouge de la Semaine de prière pour l’unité 2020.

La gentillesse se manifeste dans l’hospitalité, la compassion, la sympathie que nous pouvons éprouver les uns et les unes pour les autres, l’aide que nous nous apportons, l’attention que nous nous manifestons : nous partageons ce que nous possédons mais aussi qui nous sommes, notre humanité !

L’hospitalité va plus loin que le partage d’un repas, c’est un art de vivre pratiqué en maître au Moyen-Orient, là où Jésus a vécu sa vie d’homme. Comme lui l’a vécu, on ne peut pas être authentiquement hospitalier en accueillant certaines personnes et en excluant les autres.

Adèle Kelham rappelle que nous sommes pratiquons volontiers l’hospitalité à sens unique. Nous acceptons l’hospitalité à condition d’être en mesure de rendre la pareille. Qui d’entre nous a dépendu, au cours de sa vie, de l’hospitalité de quelqu'un d'autre ? Être tributaire de l’hospitalité d’autrui nous rend vulnérables et nous confronte à une situation que nous détestons : la perte de contrôle !

Album de photos, célébration du 19 janvier 2020 dans la cathédrale de Lugano
Site Internet CLCCT


Journée des droits humains : les Églises appellent à « faire de la place »

À l’occasion de la journée internationale des droits humains, les Églises catholique romaine, catholique-chrétienne et évangélique reformée de Suisse appellent à davantage d’humanité face aux personnes en détresse. Le texte « Faire de la place » suscite et nourrit la réflexion sur la promesse divine d’une vie en abondance et sur l’idée d’une seule et unique famille humaine. Le dossier « Érythrée : un pays sans matins » de l'ACAT complète la campagne 2019 à l'occasion de cette journée.

Les personnes réfugiées ou demandant l’asile ont besoin en Suisse de protection et de soutien. Par peur de la concurrence et du manque de ressources, leurs besoins, pourtant, sont considérés par beaucoup comme une menace envers leurs propres intérêts. La rencontre entre personnes tourne alors à la confrontation.

Répondre à la détresse d’êtres humains par le seul biais de la législation n’est pas satisfaisant. L’unique option est celle de laisser de la place à notre humanité pour prendre au sérieux les besoins des hommes et des femmes et y répondre. Aujourd’hui, toutefois, apporter de l’aide à une personne réfugiée peut constituer une infraction !

La Bible tient un autre langage. Elle promet une vie en abondance pour tous les humains. Lors de la journée internationale des droits de l’homme du 10 décembre, les trois Églises veulent donc laisser place à la notion d’une seule et unique famille humaine. Être ensemble plutôt qu’en concurrence, en confiance plutôt qu’animés de défiance. Le texte « Laisser de la place » est très clair sur ce point.

Comme le veut la tradition, la déclaration des Églises est accompagnée par un dossier et une pétition (à la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter) préparés par l’ACAT Suisse (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). Le dossier est consacré cette année à l’Érythrée, un « pays sans matins », dont proviennent de nombreux demandeurs d’asile en Suisse, un pays où la situation en matière de droits humains est très problématique. Or la Suisse applique une politique de plus en plus restrictive envers les pesonnes venant d'Érythrée, une politique parmi les plus sévères d’Europe.

Déclaration des trois Églises nationales « Faire de la place »
« Un pays sans matins », dossier de l'ACAT
Signer la pétition en ligne


« La prière crée l'ordre du monde »

À l'occasion de l'ouverture de la nouvelle législature de l'Assemblée fédérale, une célébration œcuménique était organisée en ce lundi 2 décembre pour les parlementaires fédéraux, leurs proches et leurs ami*e*s. Le pasteur Daniel de Roche, président de la Communauté des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH), leur a déclaré dans ses mots de bienvenue que ce temps de recueillement pourrait être une inspiration et les fortifier durant la législature, car « rien n’est caché devant Dieu, ni nos joies, ni nos soucis ». La célébration était organisée par la CTEC.CH et a attiré une centaine de personnes à la collégiale de Berne.

Deux élus, Lisa Mazzone (Les Verts, GE) et Alex Kuprecht (UDC, SZ), ont adressé quelques mots à leurs collègues parlementaires. La nouvelle élue "verte" aux Conseil des États a raconté de manière très visuelle comment, enfant, elle avait été influencée par les histoires bibliques et des valeurs telles que l'amour et le respect, par exemple dans l’histoire du bon Samaritain qui se détourne de son chemin pour porter secours à un blessé, ou celle de Zachée, monté sur un sycomore pour apercevoir Jésus qui, contrairement à ses contemporains, n’a pas de mépris pour ce riche collecteur d’impôts. En tant que parlementaire, il faut aussi accepter les différences ; pour sa part, Lisa Mazzone aime travailler avec les autres dans le respect.

Alex Kuprecht entame pour sa part sa 5e législature au Parlement fédéral. En tant que conseiller aux États, on est le « bras étendu » de la population de son canton d'origine. Il est parfois tiraillé, rappelle-t-il, entre son opinion personnelle et celle de son parti. M. Kuprecht encourage donc les élues, les élus à s'opposer si nécessaire à leur parti. Il est important de continuer à travailler avec gratitude sur ce que les générations précédentes ont créé, un mandat politique n’est attribué que pour une certaine période de temps, il ne faut donc pas se prendre trop au sérieux.

Préparé pour tout « mais pas pour les bougies et les prières »
La professeure de théologie Barbara Hallensleben, de l'Université de Fribourg, a prêché sur le verset 13, chapitre 3 de la 2e épître de Pierre « Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite ». Selon la théologienne, la foi ennoblit l'activité politique. Elle cite le philosophe de la religion, le juif Franz Rosenzweig qui affirme que la prière crée l’ordre du monde, parce que la prière nous libère des limites du moment et nous ouvre un horizon complètement nouveau (texte de la prédication, bilingue).

C'est ce qui s’est passé en 1989, lors du 1er rassemblement œcuménique européen à Bâle, sous le thème « Paix et justice ». La marche à travers le triangle frontalier de l'Allemagne, de la France et de la Suisse a impressionné de nombreux participants, en particulier ceux de l'ancienne RDA qui étaient également engagés dans les manifestations de Leipzig. Puis, à l'automne 1989, les chrétiens ont été impliqués de manière décisive dans la chute du Mur. Des années plus tard, Horst Sindermann, du Comité central du SED, avait annoncé qu'ils étaient prêts à tout, « sauf aux bougies et aux prières ».

Il y a certes un fossé entre la promesse d'une terre nouvelle et les revers que l’on vit ici-bas, fossé qui ne peut être comblé par la prière. Dieu s'est fait homme en Jésus et est entré dans cette brèche. Dans le dernier livre biblique, l'Apocalypse, l'apôtre Jean a vu l'accomplissement de la promesse de la terre nouvelle, où la paix et la justice s'embrassent.

Le cadre musical de cette célébration a été assuré par Daniel Glaus, organiste de la collégiale de Berne et par le magnifique ensemble a cappella de l’Église orthodoxe-serbe.

© APD et CTEC.CH
Photos: Christoph Knoch (sauf photo à droite ci-dessus)

Reportage de cath.ch

 


Le Danois Jørgen Skov Sørensen devient secrétaire général de la KEK

Le comité de la Conférence des Églises européennes (KEK) a annoncé la nomination de Jørgen Skov Sørensen (55 ans) comme nouveau secrétaire général. Selon le communiqué, le Danois prendra ses fonctions en janvier 2020 ; il arrive à la KEK avec une vaste expérience en théologie, mission, œcuménisme, leadership, communication et gestion.

« C'est un grand plaisir pour nous d'annoncer la nomination du Dr Jørgen Skov Sørensen comme nouveau secrétaire général de la KEK », a déclaré le pasteur Christian Krieger, président de la KEK. « Nous sommes confiants qu'il dirigera la KEK dans la mise en œuvre de sa vision et qu'il accompagnera les Églises et organisations membres dans un esprit de partenariat, pour travailler ensemble dans l'espérance, en témoignant avec sincérité témoignage sincère au service de l'Europe, pour la promotion de la paix et pour l'unité de l'Église.

Skov Sørensen a obtenu un doctorat en missiologie, œcuménisme et théologie systématique de l'Université de Birmingham, Grande-Bretagne, et un mastère en théologie œcuménique de l'Université d'Aarhus, Danemark. Il a occupé plusieurs postes académiques à l'Université d'Aarhus et au United College of the Ascension, Royaume-Uni, et a travaillé pour la Danish Mission Society et l'Église danoise à Hong Kong. Il a dirigé l'Église évangélique-luthérienne du Danemark. En plus des langues scandinaves, il parle anglais, allemand, français et mandarin.

Traduction française : CTEC.CH

Site Internet de la KEK


La Fédération des Églises protestantes de Suisse dit oui au mariage civil pour tous

L’Assemblée des délégués de la Fédération des Églises protestantes de Suisse (FEPS), réunie les 4 et 5 novembre dernier à Berne, soutient l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Elle reste ainsi fidèle au principe protestant qui veut que le mariage civil constitue le prérequis à la célébration religieuse.

Tout avait commencé en 2013, avec le dépôt, par la conseillère nationale bernoise Kathrin Bertschy (Verts Libéraux) d’une initiative parlementaire demandant que tous les couples désirant vivre en une communauté de vie juridiquement réglementée puissent accéder au mariage ou, selon leur choix, au partenariat enregistré, aujourd’hui réservé aux couples de même sexe. Le Conseil national se penchera à nouveau sur la question du « mariage pour tous » probablement durant la session de printemps 2020. Jusqu’à ce que la question ait franchi toutes les étapes du travail parlementaire et un probable référendum suivi d’une votation populaire, il faudra compter encore quelques années.

En dernier ressort, les Églises cantonales membres de la FEPS auront le dernier mot pour ce qui est du mariage religieux. Les délégués ont insisté sur le fait que les pasteures et les pasteurs puissent refuser de célébrer un mariage religieux si leur conscience le leur interdit, comme c’est d’ailleurs le cas pour tout acte ecclésiastique.

La question du « mariage pour tous » divise non seulement les Églises mais aussi à l’intérieur d’une même Église. À l’Assemblée des délégués de novembre, deux camps se sont exprimés lors des débats. En bref, il y a celles et ceux qui estiment que l’amour et la promesse de soutien, de respect et de fidélité que se font deux êtres priment, à l’image de l’amour radical de Dieu pour son peuple et, de l’autre côté, celles et ceux qui, se basant sur l’Écriture (théologie de la Création et de l’alliance) voient dans l’union d’un homme et d’une femme une originalité qui justifie que le mariage soit réservé aux couples hétérosexuels.

Pour l’Assemblée des délégués de la FEPS, il est essentiel de souligner qu’il existe toujours, après cette décision, une diversité de conceptions du mariage au sein de l’Église protestante. La Conférence des évêques suisses rappelle, pour sa part, qu’elle n’est compétente que pour le mariage sacramentel qui unit un homme et une femme. Actuellement, la thématique de l'homosexualité polarise la plupart des Églises mondiales.

Principales convergences et divergences juridiques entre mariage et partenariat enregistré (Office fédéral de la justice)
Le mariage pour tous. Couple, sexualité, parentalité et bien de l’enfant d’un point de vue évangélique réformé, Frank Mathwig et Luca Baschera (document soumis à l'Assemblée des délégués)

 

 


Le mouvement « Ensemble pour l’Europe »
fête ses 20 ans

Ambassadeurs de réconciliation

 

Venant de 23 pays européens et de 55 différentes communautés, les amis d’« Ensemble pour l’Europe » se sont réunis du 7 au 8 novembre 2019 à Ottmaring, en Bavière, Le samedi 9 novembre, jour de la commémoration des 30 ans de la chute du mur de Berlin, quelque 300 personnes ont rempli l’hôtel de ville d’Augsbourg, pour marquer les 20 ans de ce « mouvement de mouvements ». Un retour à la source pour un nouvel élan de réconciliation en Europe !

Ce réseau international est également représenté en Suisse sous l’appellation « En chemin ensemble » ; il compte une soixante de mouvements et communautés chrétiennes membres. Le pasteur réformé Martin Hoegger, du Mont-sur-Lausanne, fait partie des amis du mouvement. Il nous livre une chronique illustrée de ces trois jours en Bavière.

Chronique de Martin Hoegger

Site Internet du mouvement en Suisse


Célébration œcuménique en ouverture de la législature des Chambres fédérales

Comme tous les quatre ans à la suite des élections fédérales, la Communauté de travail des Églises chrétiennes en Suisse (CTEC.CH) organise pour les parlementaires et leurs proches une célébration œcuménique à la collégiale de la Berne. La célébration est préparée par les représentants des Églises au sein de la CTEC.CH. Elle est publique, rendez-vous donc lundi 2 décembre à la collégiale de Berne.

Vous êtes cordialement invité à venir prier avec nous pour les femmes et les hommes qui se préparent à assumer une responsabilité pour la Suisse. À cette occasion, deux parlementaires adresseront également quelques mots à leurs collègues, Lisa Mazzone (Les Verts GE) et Alex Kuprecht (UDC, SZ). Deux théologiennes assureront la prédication, les professeures Barbara Hallensleben (Université de Fribourg) et Angela Berlis (Université de Berne) sur un verset tiré de la deuxième épître de Pierre : « Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite » (2Pe 3,13), un programme de travail qui constitue un véritable défi en ces temps de changement climatique !

Les intermèdes musicaux seront proposés par l’organiste de la collégiale, Daniel Glaus et par un ensemble choral de l’Église orthodoxe-serbe.

Les parlementaires se rendront ensuite au Palais fédéral pour être assermentés et entamer le mandat que le peuple suisse leur a confié pour les quatre prochaines années. Pour certains élus, c’est une première, d’autres maîtrisent déjà bien les subtilités du travail parlementaire. Celles et ceux qui viennent de loin devront se loger à Berne durant les sessions ; pour eux mais aussi pour leurs familles, les sessions bouleversent leur rythme de vie. D’autres pourront rentrer à la maison et se ressourcer auprès de leurs proches après chaque journée de session. Nous inclurons donc aussi les partenaires, les enfants et les proches des parlementaires à notre prière. Durant les sessions, le groupe interconfessionnel de l’Assemblée fédérale propose par ailleurs un temps de recueillement aux élu*e*s, le mercredi matin.

Flyer